Tu as ton site. Les couleurs te plaisent, la photo est belle, le texte est propre. Tu l'as montré autour de toi, on t'a dit qu'il était réussi.
Et il ne se passe rien.
Ce que je vais te dire tient en une phrase : ce site ne t'apporte rien parce que personne ne t'a demandé ce qu'il devait faire avant de le construire. Pas ce qu'il devait montrer. Ce qu'il devait faire.
Un site beau n'est pas un site qui travaille pour toi
Un beau site rassure. Il te rend présentable, il calme la gêne que tu avais quand on te demandait ton adresse en ligne. C'est déjà quelque chose, et je ne vais pas prétendre le contraire.
Mais l'esthétique répond à une question de confort, pas à une question de clientèle. Une belle page qui ne dit pas ce que tu fais, pour qui, et ce qu'on peut te demander maintenant, laisse le visiteur exactement là où il était en arrivant.
Je le vois surtout sur les sites récents. Ils sont soignés, modernes, agréables à parcourir. Et au bout de trois écrans, on ne sait toujours pas quel problème tu règles.
Ce que je vois systématiquement chez les indépendants qui viennent me voir
La demande de départ, toujours la même
Elle arrive à peu près dans ces mots : « J'ai lancé mon activité et il me faut un site internet, je sais pas comment on crée un mais je veux un site. »
Je l'entends si souvent que je pourrais la réciter. Et à chaque fois, deux choses me sautent aux yeux.
La première, c'est « il me faut ». Pas « je veux obtenir », pas « j'ai besoin que », juste une obligation, comme une case à cocher sur la liste des choses à faire quand on se lance. Le site devient une formalité de lancement, au même titre que le numéro de SIRET.
La seconde, c'est « je sais pas comment on crée un ». Cette phrase est dite avec un peu de gêne, alors qu'elle est parfaitement normale. Ce n'est pas ton métier. Le problème n'est pas de ne pas savoir, c'est que tu vas devoir juger un devis, une proposition et un résultat sans avoir les repères pour le faire.
Ce qui se cache derrière « j'ai besoin d'un site »
Quand je creuse, la demande se sépare presque toujours en deux besoins qui n'ont rien à voir.
Le premier est un besoin de légitimité. Pouvoir dire « va voir mon site » sans gêne, avoir quelque chose à montrer, se sentir au niveau des autres. Ce besoin est réel et je ne le prends jamais de haut, il pèse lourd quand on démarre seul·e.
Le second est un besoin de clientèle. Que des gens qui ne te connaissent pas te trouvent, comprennent ce que tu fais, et te contactent.
Ces deux besoins ne se règlent pas avec le même objet. Le premier demande une page soignée qui te ressemble. Le second demande à être trouvable, crédible, et joignable en un geste, ce qui est un tout autre travail.
Quand on commande un site sans faire cette séparation, on obtient presque toujours une réponse au premier besoin, et on attend des résultats sur le second.
Le vrai diagnostic avant de construire quoi que ce soit
Qu'est-ce que ton site doit vraiment faire pour toi
C'est la question que je pose en premier, et elle déstabilise souvent parce que personne ne l'a posée avant.
Trois réponses reviennent, et elles mènent à trois chantiers différents.
Certain·e·s veulent apparaître quand quelqu'un cherche leur métier près de chez lui. C'est un travail de trouvabilité, qui commence rarement par le site, et que je détaille dans pourquoi le bouche-à-oreille ne suffit plus.
D'autres veulent qu'on arrête de leur poser dix fois les mêmes questions sur les horaires, les tarifs, la zone d'intervention. Là, une page bien écrite fait le travail, et elle vaut plus qu'un beau visuel.
D'autres encore veulent arrêter de gérer leurs rendez-vous à la main. C'est un outil, pas une vitrine, et le choix entre les deux se joue plus tôt qu'on ne croit, comme je l'explique dans site vitrine ou outil web.
Tant que cette réponse n'est pas écrite noir sur blanc, tout ce qu'on construit derrière est une supposition. Et une supposition coûte le prix d'un site.
Ce que ça change concrètement une fois clarifié
Le premier changement, c'est ce qu'on ne construit pas. La moitié des pages qu'on prévoyait au départ disparaissent, parce qu'elles ne servaient aucune des réponses. Ça raccourcit le projet et ça allège la facture.
Le deuxième, c'est l'ordre. Il m'arrive de dire à quelqu'un de ne pas faire de site tout de suite, et de commencer par sa fiche Google et ses avis. Personne ne perd d'argent à attendre le bon moment, alors qu'on en perd beaucoup à construire trop tôt.
Le troisième, c'est que tu deviens capable de juger. Quand tu sais ce que ton site doit produire, tu lis un devis autrement, tu poses de meilleures questions, et tu vois tout de suite ce qui manque dedans. Tu n'as plus besoin de savoir comment on crée un site, tu sais ce que tu attends du tien.
C'est exactement le travail de la Phase 1 de la méthode CLARTÉ, et c'est pour ça qu'elle passe avant la construction.

Lovely
Consultante digitale · Lyksia
Développeuse web devenue consultante digitale. J'accompagne les indépendants à construire une présence en ligne qui leur appartient, du nom de domaine aux outils. En savoir plus
